29.01.2009
Comme un nuage
J'écris que des choses mièvres en ce moment. Désolée.
Comme un nuage,
Elle se tient les tempes,
Serre fort,
Comme un nuage à l’intérieur.
Rêves et souvenirs se mêlent,
Désemparés.
Sous un auvent, en haut d’une montagne,
Elle s’en va en titubant.
Comme un nuage,
Elle danse en riant,
Valse,
Comme un nuage à l’intérieur.
Sa main à elle, sa main à lui,
Mêlées.
Et sans plus penser, sans plus voir,
Elle part.
Comme des nuages,
Tout devient noir et lourd,
Ils rient,
Comme des nuages à l’intérieur.
21:37 Publié dans Poésie, Textes divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
Facebook
25.11.2008
Terreur
La nuit avance, prend ses aises,
Flanquée du froid et de la neige.
Puis la pluie qui s'en mêle, le tonnerre qui ricane...
Seul absent: le sommeil.
Il n'y a rien de plus terrible que les minutes qui s'enfoncent dans l'attente.
Tic-tac
Lent, inexorable;
Tic-tac
Décoché régulièrement dans un cerveau qui a tout oublié,
Tout,
Sauf d'attendre.
Les yeux grands ouverts sur des images aussi violentes qu'imaginaires,
L'espoir accroché à un petit bout d'électronique qui reste désespérement silencieux,
Des heures et déjà des années.
18:08 Publié dans La vie comme elle vient, Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
25.08.2008
Vertige
Le vide.
Je sais que si je tombe, c’est mortel, et je le vois s’approcher de moi.
C’est une impression bien sûr, il ne bouge pas le vide, c’est moi qui avance, comme attirée sans m’en rendre compte.
Sans m’en rendre compte ?
Et j’ai peur.
Peur.
Parfois cette peur est jouissive.
Parfois, on succombe à l’attirance, la chute est délicieuse, et sitôt en bas on veut regoûter au vertige.
Il parait.
Je n’ai jamais sauté.
Le vide m’attire, mais je ne sais pas si en bas c’est des rochers ou de l’eau.
Grand huit, plongeoir, ou pointes acérées.
Alors je me retiens à la rambarde, terrifiée.
Je lorgne du haut de la falaise, admirant ceux qui s’élancent.
Les voyant remonter, blessés parfois.
Parfois gravement.
Je suis terrifiée par ce vide qui avance.
En sécurité, là-haut.
Mais jamais accomplie.
Alors j’ai honte, je nie ma peur et je nie jusqu’à l’existence du vide et je marche au bord du précipice en feignant d’être sur une autoroute en plaine, ne m’autorisant un regard vers le bas que si l’on ne me regarde pas.
Alors je glisse un peu, mais d’une main toujours je m’agrippe.
Peu à peu je me construis un harnais que je ne saurai même plus détacher.
En sécurité, là-haut.
Seulement la vie elle est en bas.
11:50 Publié dans La vie comme elle vient, Textes divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
|
Facebook
22.08.2008
Interrogatoire
Voici un texte écrit il y a un moment déjà, pour l'Atelier d'écriture des Activités culturelles de l'Université de Genève.
Il s'agissait de réécrire un texte de Chloé Delaume, texte que vous pouvez lire en cliquant ici.
L'exercice me frustrait: comment réécrire ce texte, avec cette atmosphère si spéciale, sans simplement faire du remâché en moins bien?
Du coup, je m'en suis carrément éloignée en ne gardant que vaguement les motifs principaux, et j'ai pris le parti d'écrire dans une forme complètement opposée à celle du texte de Chloé Delaume...
À son style décousu, intérieur, qui retrace plutôt des pensées qui vagabondent, j'ai opposé...le dialogue théâtral.
L’AGENT
Prénom ?
LA FILLE
Beth.
L’AGENT
Nom? (Elle ne répond pas.) Je vous demande votre de nom de famille.
LA FILLE
Je m’appelle Beth.
L’AGENT
Où est votre passeport ?
LA FILLE
Bonne question, ça fait des années qu’on me l’a pris. Depuis le jour où on m’a dit « tu ne peux pas t’appeler Chloé, on en a déjà une ».
Silence choqué.
L’AGENT
Bon, prénom, Chloé, donc.
LA FILLE :
Je m’appelle Beth !
L’AGENT
Si je mets Chloé Beth dans la case ‘Prénoms’, ça vous va ? (Silence) Vous ne savez vraiment plus votre nom de famille ?
LA FILLE
J’ai jamais vraiment eu une bonne mémoire, vous savez. Le bon Dieu a oublié d’appuyer sur REC à ma naissance. Je vois le film, mais je ne pourrai jamais le repasser. Même pas pour vous.
L’AGENT
Bon. Je chercherai le nom de famille plus tard. Âge ?
LA FILLE, éclatant de rire
Ce sont des choses qui ne se demandent pas à une dame, mon mignon.
L’AGENT
Foutez-moi la paix, je ne suis pas un de vos clients !
LA FILLE
Pardon. Déformation professionnelle. C’est Tina qui m’a tout appris, vous savez ?
La fille se lève, et fait le jeu de la séduction à l’agent, qui se retrouve avant d’avoir réalisé quoi que ce soit avec la fille sur les genoux.
L’AGENT, terrifié et fasciné
Foutez-moi la paix !
LA FILLE
En fait, c’est facile, c’est une question de maintien et de soutenir le regard. C’est un mec qui faisait de l’hypnose qui l’a expliqué à Tina.
L’AGENT, reprenant contenance
Tina, c’est celle qui tenait la maison ?
LA FILLE
Je ne me souviens plus. C’était mon premier bar.
L’AGENT
Vous aviez quel âge ?
LA FILLE
Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? (Silence) C’était il y a deux ans. Un bar chic. Ils m’ont dit « à l’étage c’est mille, à l’emporter c’est deux mille, voilà ta robe et ton collier, si tu abîmes tu repaies. » Après je suis descendue.
L’AGENT
C’est dans ce bar que vous avez, euh, « connu » Henry ?
LA FILLE
Je ne me souviens plus.
L’AGENT
Bon. Prénoms, Chloé Beth. Nom, on verra. Âge, je mets 25 ans, à vous de voir si ça vous flatte ou si ça vous vexe. Profession…
LA FILLE
Pute. Un smic égale trois passes. Pas de congé payé, pas de vacances, pas de syndicats.
L’AGENT
…péripatéticienne.
LA FILLE
Il m’a dit ça, une fois. Il croyait qu’il était un client clean, pas comme les autres, il croyait que les autres étaient des brutes et lui un tendre.
L’AGENT
Qui ça ? Henry ?
LA FILLE
Je ne me souviens plus. Il était comme les autres.
L’AGENT
Hier soir, vous avez quitté le bar quand ?
LA FILLE
Le bar, je l’ai quitté six mois après avoir commencé, parce que Tina est partie. Je ne pensais pas qu’il me suivrait.
L’AGENT
Henry ?
LA FILLE
Je ne me souviens plus.
L’AGENT
Et hier soir ?
LA FILLE
Je ne me souviens plus. J’ai mal dormi. Peut-être parce que mon chat chialait, peut-être parce que j’avais trop bu pour prendre des somnifères.
L’AGENT
Vous étiez ivre ?
LA FILLE
Non.
L’AGENT
Et Henry ?
LA FILLE
Je ne me souviens plus. Je vous ai déjà expliqué, le bon Dieu, la touche REC, il fait bien les choses celui-là, il aurait pas oublié d’appuyer sur la touche si j’avais été une star de la chanson. J’aurais bien voulu être une star de la chanson. C’est pas très différent, le maintien, le regard, les robes, les chaussures qui font mal aux pieds. Mais les stars de la chanson elles ne rentrent pas en métro à la fin de la journée.
L’AGENT
Vous avez pris le métro hier soir ?
LA FILLE
Le taxi.
L’AGENT
Seule ?
LA FILLE :
Je ne me souviens plus.
L’AGENT
Mais de quoi vous vous souvenez ?
LA FILLE
Prénoms : Chloé Beth ; Nom : inconnu ; Âge : 25 ans ; profession : Pute ; Chef d’inculpation : Je ne me souviens plus.
00:44 Publié dans Textes divers, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
10.08.2008
On me dit
On me dit tu ne vois pas le fer qui brûle ta peau, la lance qui transperce ton ventre,
On me dit regarde les liens à tes mains le baillon sur ta bouche,
On me dit reviens, reviens.
On me dit le rouge, le rouge,
On me dit la lumière dans tes yeux, les étoiles,
On me dit c'est une cage,
On me dit quel sourire, tu rayonnes.
23:13 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
07.08.2008
Marigot
Mon reflet trouble dans une mare: j'ai mal à la tête. Les souvenirs sont flous, une main qui me repousse, ou m'attire, je ne sais plus. Je vomis.
J'ai glissé de looping en looping à une vitesse vertigineuse, m'arrêtant le temps d'un éclat de rire dans chaque terminus.
Dans un instant de ciel bleu je jure de ne pas recommencer le voyage. Avant de dérailler encore: ferme la fenêtre, je vais m'envoler!
Mais une main me retient dans la boue.
23:25 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
08.07.2008
Ecriture automatique
Et lorsque par hasard il poussa la porte
Une clameur. Pourquoi?
Son pouls s'accéléra.
Il tenait la clé des champs, mais son imagination lui faisait défaut.
Rail. Herbe.Soubresaut.
Barbe-Bleue me regarde, brièvement.
Tu vois, rien n'est immortel, et pourtant...
regarde les vitres, les barreaux de fer.
Le vert, toujours.
Rails. Fleurs. Un troupeau, au loin.
Est-ce nous?
Un pâle reflet...
Souvenirs d'un conte perdu sous la bruine.
Et la fatigue qui rit tout bas.
22:09 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
27.06.2008
S'il te plait
Partir ailleurs, toujours, ailleurs.
Silences.
Tu cours, loin, toujours plus loin.
De quoi ?
De qui ?
Est-ce moi, est-ce nous…
Attends.
Explique-moi, s’il te plait.
Attends !
Je t’aime.
Tu le sais, que je t’aime
Je ne supporte pas le silence.
Il me fait peur.
Tu t’éloignes…
Attends, s’il te plait.
Explique-moi.
Je veux t’aider.
J’ai peur.
C’est toi qui es forte, ça a toujours été toi.
Peu importe ce qu’on essaie de nous faire croire.
Je t’aime.
Tu fuis, tu fuis, besoin de cadre.
Infirmière.
Conseillère.
Psychologue.
Merde.
Je t’aime.
J’ai peur.
Tu fuis.
Attends.
S’il te plait,
Attends.
17:29 Publié dans La vie comme elle vient, Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
09.06.2008
Paroles
L'oral, c'est pas mon fort. Les mots restent coincés quelque part entre mon coeur et ma bouche, comme une grosse boule qui m'écrase les poumons et grossit, grossit jusqu'à l'explosion, et s'échappent alors en foule désordonnée à travers mes cils.
Seulement parfois ces sorties de secours ferment leurs vannes, ou ne suffisent pas, parfois encore les mots refusent d'être dénaturés et leur sens perdu.
Alors ils sortent en rang par le bout de mes doigts.
Rang plus ou moins ordonné, plus ou moins cohérent, plus ou moins maitrisé, mais acceptant d'être effacé, retravaillé, torturé, transformé avant d'être exposé à l'autre.
Une manière de le fuir, cet autre-là: l'esquiver avant même de l'avoir en vue.
On me parle de don là où je vois une lâcheté.
15:30 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
19.03.2008
Chemin
Moi enfant, courant toute nue, de la glace vanille plein les mains.
Quelques années plus tard, embrassant un garçon pour la première fois.
Je perds pied, je crie, je pars.
Errance à travers un monde inconnu.
Perte de conscience.
J'ai suivi un chemin tout tracé de fer et de bois.
Je l'ai suivi des années sans savoir où il allait.
Je suis allée partout, et nulle part aussi.
Mais regarde-moi, j'ai réussi à me relever.
19:21 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook

