07.08.2008
Marigot
Mon reflet trouble dans une mare: j'ai mal à la tête. Les souvenirs sont flous, une main qui me repousse, ou m'attire, je ne sais plus. Je vomis.
J'ai glissé de looping en looping à une vitesse vertigineuse, m'arrêtant le temps d'un éclat de rire dans chaque terminus.
Dans un instant de ciel bleu je jure de ne pas recommencer le voyage. Avant de dérailler encore: ferme la fenêtre, je vais m'envoler!
Mais une main me retient dans la boue.
23:25 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.07.2008
Ecriture automatique
Et lorsque par hasard il poussa la porte
Une clameur. Pourquoi?
Son pouls s'accéléra.
Il tenait la clé des champs, mais son imagination lui faisait défaut.
Rail. Herbe.Soubresaut.
Barbe-Bleue me regarde, brièvement.
Tu vois, rien n'est immortel, et pourtant...
regarde les vitres, les barreaux de fer.
Le vert, toujours.
Rails. Fleurs. Un troupeau, au loin.
Est-ce nous?
Un pâle reflet...
Souvenirs d'un conte perdu sous la bruine.
Et la fatigue qui rit tout bas.
22:09 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.06.2008
S'il te plait
Partir ailleurs, toujours, ailleurs.
Silences.
Tu cours, loin, toujours plus loin.
De quoi ?
De qui ?
Est-ce moi, est-ce nous…
Attends.
Explique-moi, s’il te plait.
Attends !
Je t’aime.
Tu le sais, que je t’aime
Je ne supporte pas le silence.
Il me fait peur.
Tu t’éloignes…
Attends, s’il te plait.
Explique-moi.
Je veux t’aider.
J’ai peur.
C’est toi qui es forte, ça a toujours été toi.
Peu importe ce qu’on essaie de nous faire croire.
Je t’aime.
Tu fuis, tu fuis, besoin de cadre.
Infirmière.
Conseillère.
Psychologue.
Merde.
Je t’aime.
J’ai peur.
Tu fuis.
Attends.
S’il te plait,
Attends.
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09.06.2008
Paroles
L'oral, c'est pas mon fort. Les mots restent coincés quelque part entre mon coeur et ma bouche, comme une grosse boule qui m'écrase les poumons et grossit, grossit jusqu'à l'explosion, et s'échappent alors en foule désordonnée à travers mes cils.
Seulement parfois ces sorties de secours ferment leurs vannes, ou ne suffisent pas, parfois encore les mots refusent d'être dénaturés et leur sens perdu.
Alors ils sortent en rang par le bout de mes doigts.
Rang plus ou moins ordonné, plus ou moins cohérent, plus ou moins maitrisé, mais acceptant d'être effacé, retravaillé, torturé, transformé avant d'être exposé à l'autre.
Une manière de le fuir, cet autre-là: l'esquiver avant même de l'avoir en vue.
On me parle de don là où je vois une lâcheté.
15:30 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2008
Chemin
Moi enfant, courant toute nue, de la glace vanille plein les mains.
Quelques années plus tard, embrassant un garçon pour la première fois.
Je perds pied, je crie, je pars.
Errance à travers un monde inconnu.
Perte de conscience.
J'ai suivi un chemin tout tracé de fer et de bois.
Je l'ai suivi des années sans savoir où il allait.
Je suis allée partout, et nulle part aussi.
Mais regarde-moi, j'ai réussi à me relever.
19:21 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.03.2008
Histoire d'amour fou (la bonne blague)
Je participe depuis le début de l'année scolaire à un atelier d'écriture dans le cadre des Activités Culturelles de l'Université de Genève. C'est pas transcendant (on peut pas toujours tomber sur Jacques Probst), mais au moins, ça encourage à écrire, et à écrire des choses auxquelles on ne penserait pas forcément.
Cette année, par exemple, on travaille sur le thème de l'uchronie (par ici pour ceux qui ne savent pas ce que c'est).
Pour le dernier exercice, on devait écrire une histoire d'amour fou, située dans le contexte de l'uchronie que nous avons choisie (malheureusement ce "nous" ne comprend pas ma voix), entre deux personnages présentés lors d'un précédent exercice: j'ai choisi Lorenzo et la fille de la Papesse.
Bon. Voilà donc le contexte dans lequel j'ai écrit le texte qui suit, texte dont je ne suis pas pleinement satisfaite, mais que je poste parce que c'est pas tous les jours que j'écris des histoires d'amour.
C'est terrifiant, d'écrire une histoire d'amour: on a peur d'en dire trop, ou pas assez, ou de sonnez faux, ou d'être mièvre...
Mais trève de bavardages. D'ailleurs, il ne faudrait jamais s'expliquer avant de présenter un de ses textes. Il faudrait que j'apprenne la leçon un jour.
UNE OMBRE DANS L’OMBRE
Une ombre dans l’ombre, le Vatican de nuit.
Comme chaque soir, l’ombre entre dans une petite pièce. Petite, mais douillette et richement ornée. Sur le lit, une jeune fille, le regard presque amusé.
« Je t’attendais. »
Elle a à peine seize ans, et en paraît moins encore tant elle est blanche et frêle.
Et cet homme, c’est le premier qu’elle ait connu.
Il est entré dans sa chambre un jour, par mégarde, et aussitôt elle l’a aimé, même si elle n’a pas compris tout de suite que le sentiment que lui inspirait cet homme deux fois plus âgé qu’elle était de l’amour. Il faut dire qu’elle n’avait jamais entendu parler d’amour, encore moins de désir.
Depuis, elle passe ses journées à se remémorer les caresses de la nuit précédente, et à se préparer pour les suivantes.
Elle l’attend donc, nue sur le lit, et fidèles à leur rituel ils se dévisagent un instant avant qu’il ne la rejoigne.
Elle fait glisser son regard sur la silhouette de son amant, cherchant comme chaque soir à déterminer ce qui la rend si particulière. Sans trouver. Un soir il lui semble que c’est le dessin des poils sur son torse, le lendemain elle pense plutôt au repli de son oreille, ou encore à l’asymétrie charmante de ses sourcils.
Lui, il admire ce corps si jeune, cette peau plus douce que le plus doux des tissus qu’il a l’habitude de manier. Et il remercie Marie-Madeleine d’avoir envoyé tant de grâce dans ses bras, certain dans sa ferveur qu’elle a agi ainsi pour le délivrer de l’amour sans espoir qui le détruisait auparavant.
« Lorenzo. »
D’entendre prononcer son nom sort l’homme de sa rêverie. Il se jette avec dévotion sur les seins secoués d’éclats de rire de l’adolescente.
Lorsqu’il apportera son habit à la papesse, le visage endormi de l’éphèbe qui aura partagé la couche de la Sainte femme ne sera plus pour lui une torture. Il a pour lui son secret : sa Jeanne, sa petite Jeannette, qui dans toute la fraîcheur de sa jeunesse retrouvée, n’appartient qu’à lui, par la volonté de Celle qui est là-haut…
Dans sa chambre, la jeune fille s’endort, rêveuse, souriant aux angelots de son baldaquin qui ne peuvent, dans leur silence d’or, lui faire remarquer qu’il n’a jamais osé lui demander son prénom.
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08.01.2008
Mali 2007-2008




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16.11.2007
J'ai cassé quelque chose...
J'ai cassé quelque chose. J'ai pas fait exprès, je savais même pas que ça existait. Mais voilà: comme le filon invisible des trapézistes volants, ça m'empêchait de tomber.
Et moi qui croyais que je volais par moi-même...
Il a suffi de si peu. De quoi exactement, je ne le sais même pas. Un mot, un regard, un soupir...peut-être simplement le silence.
Je l'ai cassé.
Et je tombe.
Je tombe.
Tombe.
Je
.
Je m'écrase sur la réalité, ce n'est pas très spectaculaire. Pas de sang, pas de cervelle qui gicle, pas d'article dans le journal.
Pourtant je suis défigurée.
18:15 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.11.2007
Bégaiement
Le crayon court, court sur le papier, les mots défilent les uns après les autres, le graphite se transforme.
Un coup de crayon, hop! Je vous crée un éléphant violet à pois jaunes, amoureux d'une grenouille. Déjà vous le voyez...je suis une magicienne.
Regardez!
Mais le mot écrit, personne ne l'entend. Comment faire, si je veux montrer mon éléphant à quelqu'un qui se trouve dans la pièce d'à côté?
J'essaye de crier, mais le mot bute sur ma langue, trébuche, les consonnes rebondissent sur mes lèvres et les voyelles restent crochées au fond de ma gorge.
- R...r...
J'entends rire à côté, même pas foutue de prononcer un mot.
Mais je suis une magicienne!
-M...m...mais j...
Rires.
Je pose mon crayon.
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07.11.2007
Solution de facilité
J’ai envie de kitsch, de mièvre, de niais.
De m’asseoir dans un pouf rose avec un masque à base de concombre sur le visage et de pleurer devant un film à l’eau de rose (Oh John, I love you so much), puis de me consoler en mangeant de la glace vanille à même le pot.
Ensuite, je rêverai au prince charmant blond, musclé et romantique qui un jour me promettra l’amour éternel.
Et quand je serai bien saoulée de larmes et de rêves impossibles, je me mettrai à rire, à rire sans m'arrêter, et j’éparpillerai partout les petites billes de sagex de mon pouf rose qui se colleront sur ma peau, partout, qui s’infltreront dans la télévision (why John, oh please tell me the truth), et elle explosera. John sortira du poste, mon prince charmant. Qu’est-ce qu’il peut être chiant.
Je rirai toujours, sans m’arrêter, jusqu’à ce que je m’endorme.
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