24.09.2009

Femmes

Femmes

 

11.06.2009

Vole!

 

image parue dans Le Courrier du mercredi 10 juin 2009 (cliquez sur l'image pour voir l'article complet)

25.11.2008

Terreur

La nuit avance, prend ses aises,

Flanquée du froid et de la neige.

Puis la pluie qui s'en mêle, le tonnerre qui ricane...

Seul absent: le sommeil.

 


Il n'y a rien de plus terrible que les minutes qui s'enfoncent dans l'attente.

Tic-tac

Lent, inexorable;

Tic-tac

Décoché régulièrement dans un cerveau qui a tout oublié,

Tout,

Sauf d'attendre.

 


Les yeux grands ouverts sur des images aussi violentes qu'imaginaires,

L'espoir accroché à un petit bout d'électronique qui reste désespérement silencieux,

Des heures et déjà des années.

31.08.2008

Bon appétit

"Je me suis toujours dit que ça devait être bon à manger"

Manu

 

Nan mais, chacun ses goûts, moi je dis y faut respecter ça...

Faut-il préciser le nombre de verres qui ont précédé ce chef-d'oeuvre?

25.08.2008

Vertige

 

Le vide.

Je sais que si je tombe, c’est mortel, et je le vois s’approcher de moi.

C’est une impression bien sûr, il ne bouge pas le vide, c’est moi qui avance, comme attirée sans m’en rendre compte.

Sans m’en rendre compte ?

Et j’ai peur.

Peur.

Parfois cette peur est jouissive.

Parfois, on succombe à l’attirance, la chute est délicieuse, et sitôt en bas on veut regoûter au vertige.

Il parait.

Je n’ai jamais sauté.

Le vide m’attire, mais je ne sais pas si en bas c’est des rochers ou de l’eau.

Grand huit, plongeoir, ou pointes acérées.

Alors je me retiens à la rambarde, terrifiée.

Je lorgne du haut de la falaise, admirant ceux qui s’élancent.

Les voyant remonter, blessés parfois.

Parfois gravement.

Je suis terrifiée par ce vide qui avance.

En sécurité, là-haut.

Mais jamais accomplie.

Alors j’ai honte, je nie ma peur et je nie jusqu’à l’existence du vide et je marche au bord du précipice en feignant d’être sur une autoroute en plaine, ne m’autorisant un regard vers le bas que si l’on ne me regarde pas.

Alors je glisse un peu, mais d’une main toujours je m’agrippe.

Peu à peu je me construis un harnais que je ne saurai même plus détacher.

En sécurité, là-haut.

Seulement la vie elle est en bas.

27.06.2008

S'il te plait

Partir ailleurs, toujours, ailleurs.
Silences.
Tu cours, loin, toujours plus loin.
De quoi ?
De qui ?
Est-ce moi, est-ce nous…
Attends.
Explique-moi, s’il te plait.
Attends !
Je t’aime.
Tu le sais, que je t’aime
Je ne supporte pas le silence.
Il me fait peur.
Tu t’éloignes…
Attends, s’il te plait.
Explique-moi.
Je veux t’aider.
J’ai peur.
C’est toi qui es forte, ça a toujours été toi.
Peu importe ce qu’on essaie de nous faire croire.
Je t’aime.
Tu fuis, tu fuis, besoin de cadre.
Infirmière.
Conseillère.
Psychologue.
Merde.
Je t’aime.
J’ai peur.
Tu fuis.
Attends.
S’il te plait,
Attends.

05.12.2007

A travers les yeux d'une actrice

Eh hop, un petit post de pub pour l'exposition de photographie

A travers les yeux d'une actrice

par Laura De Coulon

Laura a pris plus de 1000 photos pendant les répétitions d'Incendies (voir cette note), et en expose une vingtaine jusqu'au 21 décembre 2007 à la Maison de Quartier de St-Jean, à Genève.

Le résultat est magnifique. Pour une fois, la photographie de théâtre s'intéresse aussi au développement du spectacle.

Et le fait que la photographe soit aussi comédienne se ressent beaucoup dans les photos, on a une vision très intime du théâtre, et son amour profond pour le théâtre est palpable.

Elle a su saisir l'insaisissable, par des photos dynamiques, des cadrages originaux...

Mais ça ne sert à rien de décrire des photos; allez plutôt les voir!

Maison de Quartier de Saint-Jean
8, chemin François-Furet - 1203 GENEVE - SUISSE
tél. +4122 418 91 50 - fax: +41 22 418 91 51
email: info@mqsj.ch - www.mqsj.ch
bus 7 arrêt Contrat-Social


Plan


Horaires d'accueil
La Maison de Quartier de Saint-Jean est ouverte au public pour l’accueil et l’information:
du mardi au vendredi de 15h à 21h
le samedi de 14h à 18h

18.10.2007

Sarcome d'Ewing

Sarcome d’Ewing. Une saleté, ça, oui, une sacrée saleté, j’ai jamais vraiment compris ce que c’était d’ailleurs. Les explications scientifiques, tu sais que c’était pas mon fort. Je t’écoutais pas de toute façon quand tu m’expliquais, nan, moi si y a un truc que j’ai compris, c’est que ça me bouffait de l’intérieur, et qu’on allait empoisonner la bestiole avec des produits chimiques et que ça allait aussi me bouffer les cheveux. Mes cheveux, quoi, merde. Moi qui voulais depuis toute petite avoir une tresse jusqu’aux fesses. Un rêve de gamine, j’ai bien le droit. J’avais que dix ans quand monsieur le Sarcome est venu me ronger les os. Un mal de chien, ouais, tu te rappelles comme je gueulais. Eh ben le Sarcome il a été tranquillos pendant un moment dans mon bras avant qu’ils le repèrent. Parait que c’est parce que c’est plutôt une rareté. À ce moment-là, y avait déjà des métastases au niveau de la moëlle osseuse. Non, je sais pas ce que ça veut dire. Mais ça me fera peut-être gagner quelques dollars sur le test « Combien valez-vous ? », sur Internet. Super.

Bref, après la boule à zéro, les opérations, la morphine, la rééducation, les discours pseudo rassurants du chirurgien, après les espoirs et les rechutes, d’un coup c’est la mort qui me tombe dessus. Plutôt surprenant, je dois dire. Surtout à dix-sept ans. On aurait pu m’avertir, je t’aurais expliqué.

Expliqué que t’avais pas besoin de chialer comme ça à mon enterrement, que notre grand voyage, on le fera quand même, que c’est pas parce que tu me vois plus que je suis plus là, que la mort, c’est qu’un petit problème de communication. Arrête de pleurer, tu fais que me rappeler que je cause pour rien.

Arrête.

 

Pour Drilou, une louve qui croquait la vie à pleine dents.

09.07.2007

Solidarhino

Attention

RHINO MENACÉ D'ÉVACUATION SAUVAGE LE 16 JUILLET


Rassemblement devant RHINO jeudi 12 juillet à 18h00


<click sur l'image pour la voir en grand...> 

ATTENTION!!!

RHINO MENACÉ D'ÉVACUATION SAUVAGE LE 16 JUILLET(?)

Nous avons reçu des informations confirmant la menace sérieuse d'évacuation sauvage des habitant-e-s de RHINO _*le lundi 16 juillet*_.
Vous trouverez en annexe le communiqué de presse de ce jour décrivant la situation, la décision du Tribunal de première instance suspendant le jugement d'évacuation, ainsi que, pour information, un document daté de 2005 décrivant le déroulement de l'évacuation qui devait avoir lieu à ce moment-là.
Les habitant-e-s de RHINO demandent instamment à tous les destinataires de transmettre ce messsage d'alarme à toutes les personnes concernées de près ou de loin par l'exécution illégale de cette évacuation planifiée, afin d'éviter qu'elle se produise.

En particulier, les habitant-e-s de RHINO vous invitent

- à manifester votre désaccord avec les manoeuvres du Procureur Général en matière d'évacuation

- à contacter les autorités de la Ville et du canton de Genève pour éviter que des habitant-e-s soient privés de leur logement sans jugement et sans préavis.

- à envoyer un SMS au 078 842 09 73 ou un email à
rhinoforever@gmail.com pour fournir toute information utile aux habitant-e-s dans leur démarches légales.

En vous remerciant de l'attention que vous porterez à la présente, nous vous adressons nos meilleures salutations.
Le collectif RHINO


Communiqué de presse RHINO - 5 juillet 2007

Juillet-août 2007 : menace d'évacuation sauvage de RHINO

Selon des informations reçues en début de semaine, le Procureur général Daniel ZAPPELLI préparerait, en complicité avec le propriétaire Monsieur Michael SCHROEDER, une évacuation sauvage des habitantes et des habitants de RHINO pour la mi-juillet. Le propriétaire n'est au bénéfice d'aucun titre ou jugement qui lui permettrait d'obtenir l'évacuation de manière licite. Au contraire, une procédure en constatation de l'existence de contrats de baux est pendante par-devant le Tribunal des Baux et loyers, ce qui prévient toute évacuation légales tant qu'une décision à ce sujet n'aura pas été prise.

Par ailleurs, le Tribunal fédéral avait clairement indiqué que la voie à suivre pour obtenir l'évacuation des immeubles de RHINO était la procédure civile, que le propriétaire a d'ailleurs engagée, mais qui n'a pas encore aboutie.

L'opération devrait se dérouler de la manière suivante: dans un premier temps, la police arrêtera les habitants, en prétextant du flagrant délit de violation de domicile. Une fois l'immeuble vidé, les représentants des propriétaires, accompagnés d'un huissier de justice et d'une entreprise de déménagement, viendront constater que l'immeuble est vide, qu'en conséquence personne n'y habite, et videront les lieux de toutes les affaires qui appartiennent aux habitants. Les immeubles seront alors rendus inhabitables (vitres brisées, toilettes bouchées, plafonds arrachés, etc.) et ensuite surveillés par une société privée de sécurité, cela afin d’éviter que les habitants ne puissent revenir chez eux.

La complicité entre la police, agissant sur ordre du Procureur général, et le propriétaire, permettra ainsi de contourner les exigences légales en matière d'évacuation. Le prétexte du flagrant délit de violation de domicile est tristement risible, en particulier après dix-neuf ans d'occupation pacifique. Les habitants ont par ailleurs indiqué par écrit à Madame la Cheffe de la police qu'ils étaient prêts à se présenter spontanément à la police ou devant un juge pour répondre des accusations lancées contre eux. Leur arrestation a donc pour seul but de faire procéder à l'évacuation de leurs appartements, et aucunement de faire avancer une procédure pénale.

Ce type d'opération, qui a déjà été utilisé notamment pour l'évacuation de la maison Blardonne, au 11 Bd St-Georges, démontre l'immense capacité de nuisance d'un Procureur général qui se fait l'allié des grands propriétaires fonciers, en toute illégalité.

Les habitants des immeubles utiliseront tous les moyens possibles pour s'opposer à cette opération illicite, menée paradoxalement par le Procureur général, dont la fonction est justement de garantir le respect des lois dans la République et Canton de Genève.

Nous appelons la population genevoise à manifester son désaccord à l’égard des méthodes honteuses planifiées par le Procureur général et de soutenir les habitantes et habitants de RHINO.

 

(Source: http://www.cave12.org/

28.05.2007

Parce que je t'aime

- Pourquoi tu ne pleures pas?

- Parce que j'ai déjà trop pleuré, seule dans mon lit. Parce que j'ai peur et que je ne comprends pas, parce que les mots pour dire mon amour ne sortent pas de ma gorge, parce que j'ai honte de ne savoir comment t'aider. Parce que mon seul refuge est ailleurs, dans le silence et dans la solitude. Parce que je sais que j'ai tort et que j'en ai honte. Parce que j'aimerais tellement te savoir heureuse, te voir heureuse, mais que j'ai l'impression d'être loin, si loin de toi, dans un autre monde, parfois.

Tu ne sais pas ce qui s'est passé en moi vendredi après-midi, quand j'ai appris que tu étais à l'hôpital. Quand soudain le monde entier s'est effacé. Quand j'ai réalisé tout ce que je n'avais pas vu. Quand j'ai couru dans le bus, quand j'ai demandé mon chemin aux infirmières. Quand je suis arrivée en section B2, et qu'on m'a fait attendre. Le temps soi-disant de savoir si tu étais disponible. Le temps pour moi de sécher mes larmes, le temps pour mon coeur reprendre sa vitesse normale. Le temps pour mon visage de se recomposer. De dessiner un sourire. Un masque.

Tu ne sais pas ce qui s’est passé en moi vendredi après-midi, quand je suis entrée dans ta chambre et que je t’ai vue, assise au téléphone. Pas l’air malheureuse. Pas l’air malade. Comme d’habitude. Comment j’ai essayé de déceler où se cachait le désespoir qui te déchire. Echec. Un mélange de soulagement intense et de peur de l’inconnu, d’envie de rire et d’envie de pleurer. Les mots qui se bousculent et échouent pâteusement sur ma langue. Pas un son. Comment te dire ? Te prendre dans mes bras, ne pas en parler, il paraît que tu ne veux pas. Faire comme si de rien n’était.

Tu ne sais pas ce qui s’est passé en moi vendredi après-midi, quand je croyais avoir tout pleuré, que je me croyais revigorée par ton apparente santé. Quand j’ai téléphoné chez ma meilleure amie pour aller chez elle parce que je n’avais pas la force de rentrer dans l’appartement vide. Quand je suis arrivée chez elle. Quand j’ai voulu lui expliquer et que je n’ai plus pu respirer. Un sanglot est né dans mon ventre, un long sanglot sonore, et comme un petit enfant je me suis laissée glisser. 

Je ne sais pas ce qui s’est passé en moi depuis ce vendredi 11 mai. Impossible de penser, de travailler. Impossible de comprendre pourquoi l’école, pourquoi des examens. Je travaille parce que rien, comme un robot, sans plaisir et sans efficacité. Je simule ma vie.
Et je me donne des baffes. Réveille-toi.

 

- Pourquoi tu ne pleures pas ?

- Parce que je me donne l’illusion que tu dois me voir forte, parce que la réalité me fait peur, parce que je ne sais pas trouver les gestes et les mots pour te dire. Te dire que je t’aime, et que j’ai besoin de toi. De ta force, de ta vitalité,

 

De ton courage.

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