25.08.2008
Vertige
Le vide.
Je sais que si je tombe, c’est mortel, et je le vois s’approcher de moi.
C’est une impression bien sûr, il ne bouge pas le vide, c’est moi qui avance, comme attirée sans m’en rendre compte.
Sans m’en rendre compte ?
Et j’ai peur.
Peur.
Parfois cette peur est jouissive.
Parfois, on succombe à l’attirance, la chute est délicieuse, et sitôt en bas on veut regoûter au vertige.
Il parait.
Je n’ai jamais sauté.
Le vide m’attire, mais je ne sais pas si en bas c’est des rochers ou de l’eau.
Grand huit, plongeoir, ou pointes acérées.
Alors je me retiens à la rambarde, terrifiée.
Je lorgne du haut de la falaise, admirant ceux qui s’élancent.
Les voyant remonter, blessés parfois.
Parfois gravement.
Je suis terrifiée par ce vide qui avance.
En sécurité, là-haut.
Mais jamais accomplie.
Alors j’ai honte, je nie ma peur et je nie jusqu’à l’existence du vide et je marche au bord du précipice en feignant d’être sur une autoroute en plaine, ne m’autorisant un regard vers le bas que si l’on ne me regarde pas.
Alors je glisse un peu, mais d’une main toujours je m’agrippe.
Peu à peu je me construis un harnais que je ne saurai même plus détacher.
En sécurité, là-haut.
Seulement la vie elle est en bas.
11:50 Publié dans La vie comme elle vient, Textes divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Commentaires
Oui Naïma, je m'y reconnait. Très bien dit ! ( écrit plutot ! )
boubou, à demain
Ecrit par : Elsa | 29.08.2008
Merci :)
Ça me fait plaisir d'avoir des retours sur mes textes.
Et ça me fait plaisir surtout de savoir que d'autres peuvent s'y reconnaitre.
À demain, je me réjouis!
Ecrit par : Petite Plume Sauvage | 29.08.2008
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