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17.05.2007

Stage d'écriture 2007

Ce samedi 12 mai, j'ai participé à un stage d'écriture aux Maisons Mainou, dans le cadre du Festival d'ateliers-théâtre. Une journée entière dans un lieu magnifique, avec des gens très sympa, avec en prime une lecture à la fin dans la petite salle du Théâtre de Carouge.

J'avais déjà participé à un atelier il y a 3 ans (note ici ) avec Sylviane Dupuis. Cette fois, c'était Jacques Probst qui animait l'atelier: un monsieur très sympathique et très intéressant, qui nous a donné de très bons conseils. Acteur et auteur, il m'a semblé être un grand timide très bavard, un passionné intellectuel (ou un intellectuel plein de passions), qui cherche la force et la profondeur au coeur du texte et de la diction. Son regard m'a marqué: de temps en temps il vous fixe, vous ou autre chose, et j'ai eu l'impression que son regard voyait des choses cachées, creusait, trouvait (ou inventait une vérité, peut-être). Il fait partie de ces gens que je n'oublierai pas.

Comme point de départ pour l'écriture: une photo. Un colonel zapatiste devant le mur où, quelques secondes après la prise de la photo, il allait se faire exécuter. Il se tient debout, les mains dans les poches, le cigare à la bouche, son chapeau de feutre sur la tête, et il sourit. Cette photo dégage une force et une énergie incroyable.

Et maintenant, voici les trois petits textes que j'ai écrits...

 

Mur

Je reste debout, mais à chaque impact, il y a un petit morceau de moi qui saute, un gravat de plus sous les pieds du prochain condamné. La violence me modèle mais ne me tue pas, et je reste debout, fier, sans voir que je suis défiguré.

Lui, il me tourne le dos, il me méprise un peu. Il se tient droit, les mains dans les poches. Il fume, il sourit: il est beau. Je sais qu'il tombera bientôt, il tombera comme tous ceux qui à la chaîne se posent devant moi et qui pleurent, qui chient ou qui insultent les soldats. Il tombera, transpercé, et un petit morceau de moi sautera, mais je resterai debout, défiguré.

 

Regard

Il paraît que je suis tout puissant.  Que je peux foudroyer ou noyer, soudoyer. Que je peux dévorer, dévêtir. Que je peux être sombre ou lumineux, rassurant, condescendant, menaçant. Il paraît que souvent, je peux remplacer les mots.

Aujourd'hui je suggère: "Venez donc boire un verre!"; je suggère: "Allez, venez! On est potes."

Je les déstabilise.

Même le photographe n'ose pas me capter, mal à l'aise.

 

Cigare

Je reste suspendu à ses lèvres et je me consume lentement, dernière parole muette, dernière provocation, dernière volonté.

Compte à rebours. 

Quand il m'écrasera, consumé, avec sa chaussure gauche, ce sera la fin. 

Commentaires

Je viens de lire tes trois textes de ton stage avec Jacques Probst et je l'ai trouve vraiment très très bien. Courts mais forts, j'aimerais bien voir une fois la photo, pense à toi, bises.

Ecrit par : Nadia | 26.05.2007

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