24.03.2007

La vie c'est comme un oignon

C'était hier, "L'ironie du son" en concert à l'AMR, toujours aussi magique, on en redemande...
Des sonorités incroyables, des rythmes innatendus, du jazz du rap et bien plus.

Parce que c'est une musique qui fait voyager. On ferme les yeux et on rêve.

Et justement, j'ai comme une envie d'être ailleurs.

Ca me fait penser à un texte que j'ai écrit pour un concours d'écriture spontanée, que j'ai remanié et épuré ensuite:

 


Ils sont assis dans la pénombre, autour d’une table de chêne, lourde, un petit verre de liqueur posé devant eux.
Ils ont bu, ils n’ont pas dormi, et autour de la table, ils sont cinq à être seuls.
Alors l’un d’eux a une idée, si on réinventait le monde.

Imagine dit le premier, imagine un monde où on est heureux.
Oui reprend le deuxième, oui, imagine, un monde où il n’y a pas de monstres la nuit.
Sortons dit le troisième, dehors n’est plus dangereux sans les monstres, sortons puisque nous sommes heureux et le quatrième les entraîne dehors.

La porte est de bonne humeur quand ils sortent, elle ne grince plus elle chante, et la route dehors défile comme un cortège de carnaval. Le premier se met à rire, et son rire est une brise, et son rire est un ouragan, il emporte les monstres et les cafards. Son rire transporte et la rue devient verte et rouge, bleue, jaune, et le deuxième rit aussi et le troisième aussi et tout s’envole.

Si on refaisait le monde, imagine un monde où il n’y a pas de fées et il n’y a pas de fêtes, imagine un monde où on doit travailler pour vivre et où des fois, il pleut. Et ils rient encore plus fort parce que ce n’est pas possible.

Le cinquième n’a rien dit. Son verre est vide, il s’est endormi sur la table.

 

EDIT: Ca y est, j'ai reçu les résultats du concours, sans suprise je ne figure pas parmi les lauréats. M'enfin, je peux vous donner la version qui a concouru, maintenant...

La consigne était:

Placer les mots : passe-partout / abricot / amour / bachi-bouzouk / bijou / bizarre / chic / clown / mètre / valser

 

Assis autour d’une table de chêne, noyés dans la pénombre, un petit verre de liqueur posé devant eux, ils sont cinq à être seuls.

Alors l’un d’eux a une idée, si on réinventait le monde. 

Le premier approuve, imagine un monde où il n’y a pas de monstres la nuit. Oui dit le deuxième, un monde sans peur, un monde où l’inconnu te tend les bras, bienveillant. Sortons dit le troisième et le quatrième les entraîne dehors.

En s’ouvrant, la porte ne grince pas elle chante, et dans la rue les voiture valsent en couleur, bleu rouge jaune vert abricot, et la brise emporte la fumée noire, la colère et les cafards. 

Imagine dit le premier, un monde où les voleurs n’auraient pas de passe-partout parce qu’il n’y aurait pas de voleurs, et il n’y aurait pas de serrures non plus d’ailleurs. Une bourrasque l’entraîne dans un éclat de rire et il jette ses clés par-dessus les nuages, à un deux dix cent mille mètres de hauteur.

Alors le deuxième se met à rire aussi, dans notre monde il n’y a plus de gens ennuyeux, imagine, et le petit prince demande que s’il vous plaît, dessine-moi un mouton, et dans le vent s’apaisent les mille tonnerres et les bachi-bouzouks du capitaine Haddock. 

Le troisième s’envole comme un fou rire de Bassan, il vient de rencontrer l’amour, imagine un monde où on rencontre l’amour, c’est un clown et quand il fait pleurer c’est de rire. L’un prend ses ailes à son cou, l’autre pointe son nez rouge vers le ciel et une tempête les emporte à un deux dix cent mille mètres pour trouver les clés du bonheur.

Dans son complet chic, le quatrième rêve aux bijoux macabres de la Beauté de Baudelaire, et marche sur des morts et contemple un cadavre. Dans un ouragan tout se colore, et la musique fut. 

Imagine dit le premier, un monde où on ne peut pas voler. Oui reprend le deuxième, un monde où l’on s’ennuie. Imagine un monde où l’amour parfois fait pleurer, dit le troisième. Le quatrième sourit, c’est bizarre, et ils rient encore plus fort parce que tout cela n’est pas possible.

Le cinquième n’a rien dit. Son verre est vide, il s’est endormi sur la table.

Commentaires

Sur le blog d'Ambroise, "L'art selon Ambroise", il y a régulièrement ce genre de petits jeux d'écriture, c'est très stimulant.

Ecrit par : Enriqueta | 28.05.2007

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