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14/07/2012

"...le cruel cinquième procurateur de Judée, le chevalier Ponce Pilate."

Élevée dans la haine des hommes, elle s'en était persuadée: en chaque créature queutue se cache un potentiel violeur.

Élevée dans l'amour de la liberté, elle l'avait intégré: tomber amoureuse, c'est s'enchaîner.

Grandie dans la solitude, elle s'en était convaincue: l'amour rend con.

 

Elle les observait, ces cons d'amoureux, minauder dans les coins, geindre dès que l'autre s'éloignait un instant...

Elle se l'était promis: moi, jamais.

Si je tombe amoureuse, je ne serai pas comme ça.

On peut être en couple et être libre et adulte!

Peu sûre de cette dernière affirmation, elle évitait de tomber amoureuse. Par précaution. Et puis, la solitude lui convenait...

 

Le Diable ricane dans un coin, pas malveillant pour deux sous. Il est dans un bon jour. Il se moque.

Tu joues à l'ange? Ne pas boire, ne pas fumer, ne pas baiser?

Il choisit son plus beau démon, celui avec lequel il s'est déjà bien amusé (on ne l'appelle pas le Diable pour rien),

il l'envoie dans ses bras.

Vieille aigrie, les certitudes, ce n'est pas fait pour s'ancrer comme ça,

pas à vingt ans,

jamais.

 

Terreur absolue pour commencer, terreur magnifique, elle se laisse enfin tomber. La chaîne qu'elle avait montée maillon par maillon, pour préserver sa liberté, se défait tout soudain.

Elle s'agrippe au démon, il lui rend son étreinte,

il crie: mon ange! Alors qu'elle sent ses ailes enfin se défaire, si proche qu'elle est du soleil.

Enfin libre de ses mouvements.

 

Restent, enfouies, quelques vieilles certitudes. Une pudeur extrême des sentiments. Beaucoup de gens ont appris que le corps est sale, laid. Elle, elle a appris que les sentiments étaient construits et dangereux, alors comment assumer cet énorme amour qui de l'avis de tous la fait rayonner?

Elle vit des instants magiques, mais se voit, de l'extérieur. Ne serait-elle pas en train de minauder?

Elle veut exprimer le bonheur qu'il lui apporte, mais s'entend. Ne dit-elle pas d'atroces banalités?

 

Le démon, lui, sait dire ce qu'il a à l'intérieur. Elle aimerait s'excuser de ne pas pouvoir lui rendre cette honnêteté sublime, mais sa pudeur l'en empêche, aussi absurde que ce soit, elle le sait.

Et pourtant, de jour en jour, maladroitement, elle essaye. Démon sauveur, salvateur!

 

Tout d'un coup, il est loin. Loin, loin. Bon, pas pour longtemps.

Elle a une image à tenir. Elle sourit, elle vit, sans problèmes. Et soudain, au réveil, elle se sent en déséquilibre. Elle refuse d'y croire, elle s'accroche. Elle rit aussi, pas moi, c'est absurde!

Elle est heureuse de s'être trompée sur son compte. Elle se remplit de ce vide qu'elle chérit.

Libre et adulte, elle minaude, elle geint parce qu'il s'éloigne un petit mois.

 

Il rit à gorge déployée, Satan, d'avoir joué à Dieu. Y a-t-il plus grande diablerie pour lui que d'accomplir un miracle? 

04/03/2011

Effacement

Dans une caverne honteuse, une jeune fille se lavait.

Une jeune fille se lavait le visage, et les cheveux.

Et les cheveux se sont mis à bouger, et l'ont étranglée.

Et longs, étranglés, il a fallu qu'ils chantent.

Il a fallu qu'ils chantent pour se souvenir de la beauté.

Souvenir de la beauté disparue, une fleur jaune a fané.

Une fleur jaune a fané parmi les tournesols: personne ne l'a remarquée.

 

25/02/2011

Recuerdo de basilic, merci à el poeta

Aujourd'hui

Laissez-moi être heureuse

 

Sous une feuille de basilic

Je trouve l'amour de mon métier

 

Par le pli d'un oeil-sourire

Je trouve la simplicité de l'amour

 

L'odeur du poulet grillé, des mandarines et des biscuits

Emplit mon âme de musique

 

Et un invisible baiser goûteux

Tend mes lèvres dans un sourire

 

Lisez les Odes Elementaires (Odas Elementales) de Pablo Neruda, lui il sait parler.

22/02/2011

Elle

Elle est depuis longtemps mon personnage favori, victime perpétuelle d'un sadisme prétentieusement poétique.

Elle n'est rien, Elle peut tout vivre, fantasmes et frustrations.

Elle est tout le monde sauf Je, alors Elle peut dire de moi le plus intime et le plus faux.

Elle est l'héroïne du raté, le shot d'autosatisfation.

Elle est prostituée derrière une vitrine intellectuelle. Elle fait tout et c'est bien vu d'en profiter et encore mieux de l'exploiter.

Elle est forte et Elle a une marge d'action infinie. Aucune contrainte ni physique ni sociale, aucun poids du passé,

Elle est perpétuellement à renaître.

Elle n'est jamais une feuille blanche mais ne sera jamais un livre.

Elle n'est pas une fiction parce qu'elle n'a rien de réel.

21/02/2011

Ruminations argentines, périmées de plus d'an an

L'écriture automatique, tac, me branche. Tronc.

Il marche vers la voiture, regarde le jaguar qui ronfle par là-dessus, tu le vois? Je buissonne un peu, bringueballée, c'est dur de penser quand ton ventre voyage. Regarde! Un chevalet mortuaire se dresse dans les lilas en un carré odorant. Quelle sensation étrange, doigts crispés et une bouteille de vin frais; cadavre; cliquetis de citerne dépassant une montre monstre; siffle encore! ... Regarde! Il pédale à rebours où vont les peupliers, jouent dans le vent les oiseaux et un four prépare son nid... Regarde! Explose le soleil disparu, je m'en vais en riant, je m'ennuie.

20/02/2011

stom sed ecnassian

"Le langage c'est le courage: la capacité de concevoir une pensée, de la dire, et, ce faisant, de la rendre vraie." Salman Rushdie, Les versets sataniques

 

Un jour, ou une nuit - 

C'est même probable que ce fut au crépuscule, 

Une femme (ou peut-être était-ce un homme,

qui sait?), 

la première inventa une histoire

(on dira plus tard: proféra un mensonge, mais c'est exactement la même chose).

 

Quel rapport cette simple phrase avait-elle avec la réalité? Aucun!

diront les mauvaises langues.

Ceux et celles qui gardaient les yeux

ouverts

on répondu: tout,

car la réalité s'était créée

en même temps que les mots.

 

Qui perd les siens voit sa réalité s'effilocher

comme ce vieux pull que l'ancêtre

retricotait

inlassablement.

 

15/08/2010

Pensées d'été

Dans l'air chaud un peu embrouillé

D'un soir d'été

Les phares des voitures

Sont feux de joie

Et d'artifice les sémaphores.

Ecoute la musique

De la course vers l'amour.

*   *   *

Un roi décapité peut toujours servir à hâcher les petites herbes.

*   *   *

Un rire terrible, comme une joyeuse asphyxie a retenti soudain et m'a glacée de terreur alors que la joie remplissait tout jusqu'à étouffer.

*   *   *

Sentiment indescriptible, peut-être un peu de déception. On voudrait tout, tout de suite, et évidemment ce n'est pas possible. Bonheur aussi.

*   *   *

Danse, Salomé!

31/05/2010

La Ronde, de Arthur Schnitzler

Cliquez sur l'image pour télécharger le flyer

 

Mise en scène : Patrick Mohr
Chorégraphie : Jozsef Trefeli
Direction des chants : Michele Millner
Musique : Denis Favrichon
Jeu et musique : Naïma Arlaud, Florent Bresson, Amanda Cepero, Antoine Deklerck, Remi Dessenoix, Eva Fischer, Thomas Huwiler, Sara Kasme, Matthieu Kassimo, Justine Ruchat, Sarah Russi et Elsa Thélin
Collaboration artistique : Alberto Garcia, Carolina, Pecheny Durozier
Lumière et régie : Eugène Dyson
Espace : Raphaël Resasco
Costumes : Veronica Segovia
Graphisme : Helder Da Silva
Administration : Aurélie Lagille

«Allez viens, qui sait si demain on sera encore en vie.»

C’est la ronde de la séduction, des trahisons et des jeux de pouvoir.
Aujourd’hui comme hier Eros mène la danse, nous faisant tournoyer sur la scène inconstante du désir. Les corps s’attirent, s’enlacent et se séparent.
Les treize comédiens, musiciens et danseurs du Théâtre Spirale se jettent à corps perdu dans cette tragi-comédie féroce et hilarante.
Les ruptures de langage et de jeu accélèrent encore le rythme de cette farce douce-amère, dans laquelle les corps et les ambitions s’unissent jusqu’au vertige.
Au-delà de l’apparente légèreté du thème on perçoit le malaise, la mort, la satyre sociale et si l’on parvient à toucher cette complexité, on peut savourer comme il se doit la valse Schnitzlerienne.
Dans La Ronde, l’auteur fait se rencontrer cinq hommes et cinq femmes, qui sont autant de représentants des différentes classes sociales de la société.
Ils forment une ronde « amoureuse » qu’inaugure et clôt la prostituée. Les dix tableaux présentent des personnages qui, selon les codes de la comédie humaine, ne devraient pas se fréquenter, mais qui par la force du désir, finissent tous par être liés.
Et tourne, tourne La Ronde. Nos coeurs battent, le sang affleure dans nos veines, et tourne, tourne La Ronde…

 

L’Ecurie – Ilôt 13
Vendredi 4 juin à 22h
Samedi 5 juin à 22h
14 rue de Montbrillant 1201 Genève
www.ilot13.ch

Musée de Carouge
Samedi 5 juin à 17h
Dimanche 6 juin à 17h
Place de Sardaigne 2, 1227 Carouge
www.carouge.ch
Rens. 022 342 33 83

Am Stram Gram Le Théâtre
Jeudi 10 juin à 20h
Vendredi 11 juin à 20h
Lundi 14 juin à 20h
Mardi 15 juin à 20h
Mercredi 16 juin à 20h
Route de Frontenex 56, 1207 Genève
www.amstramgram.ch
Rens. 022 735 79 24

Le Petit Globe
Mercredi 23 juin à 20h Réservations : 022 341 21 21
Jeudi 24 juin à 20h
Vendredi 25 juin à 20h
Parc des rives du lac, 1401 Yverdon-les-Bains
www.petit-globe.ch
Réservations : 024 425 70 00

L’Orangerie
Mardi 6 juillet à 21h
Mercredi 7 juillet à 19h
Jeudi 8 juillet à 21h
Vendredi 9 juillet à 19h
Parc La Grange, 66C quai Gustave Ador, 1207 Genève
www.lorangerie.biz
Réservations : 079 887 34 24

Théâtre de Carouge-Atelier de Genève
Samedi 26 juin à 20h30
Dimanche 27 juin à 17h
Salle Gérard-Carrat
Rue Ancienne 57, 1227 Carouge
www.theatredecarouge-geneve.
Réservations : 022 343 43 43

Théâtre de La Parfumerie
Du 15 au 25 juillet à 20h30 (dimanche à 18h)
Chemin de la Gravière 7, 1227 Genève
www.laparfumerie.ch
Réservations : 022 341 21 21

EMS Le Mandement
Mercredi 28 juillet à 15h30
Route d’Aire-la-Ville 219, 1242 Satigny
Rens. 022 753 97 97


ANNULE!!! Terrasse du troc
Jeudi 29 juillet à 20h30
Vendredi 30 juillet à 20h30
Bois de la Bâtie à Genève
www.terrassedutroc.ch
Rens. 022 321 44 43


Scène Choiseul à La Maison La Grève
Samedi 31 juillet à 20h30
Chemin des Graviers 31, 1290 Versoix
Rens. 022 546 21 00

09:47 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

18/04/2010

Melanocetus

« Et la sole, vous avez vu comme elle est heureuse la sole ? […] Parce qu’elle est plate. C’est une surface, juste une surface. Elle est si mince qu’elle n’a pas la place de penser. » (Jean-Michel RIBES)

Y en a qui n’ont pas cette chance. Ils sont ronds, moches, effrayants et lumineux. Je ne parle pas des yeux du loup dans la nuit, cruels, nobles et éternels. Plutôt d’un vieux lampion dont les couleurs festives auraient viré.

Je parle du Melanocetus, le poisson-lanterne. D’une incursion involontaire et un peu gênante dans son subconscient, une nuit ou un matin. Ça ne se fait pas trop d’entrer dans le subconscient d’une poiscaille et ça devient carrément indécent d’en tirer une quelconque analyse, je sais. Circonstance atténuante : je me réveillais à peine, moment propice aux pensées impudiques et aux conclusions rapides. N’empêche, j’ai pensé.

Melanocetus est rond, moche, effrayant et lumineux. Surtout la femelle, en fait. Le mâle est petit et se greffe au dos de la femelle avant de dégénérer en sac de sperme. Si j’ai bien compris. Pas très romantique en tous cas. Parlons d’elle, donc.

Melanocetus est ronde, moche, effrayante et lumineuse. Et celle que j’ai visitée (malgré moi, j’insiste) savait tout cela, sauf pour la lumière. Elle ne devait pas en être une, au passage, de lumière, pour n’avoir jamais compris pourquoi elle seule échappait aux ténèbres environnantes, mais bon, on excuse souvent les gens malheureux, quand on ne les accuse pas de tous les maux de la terre (ou de la mer).

Melanocetus, malheureusement pour elle, est romantique. Donc triste. Elle s’est résignée à ne jamais connaître ses conjoints qui lui font des centaines d’enfants dans son propre dos, alors elle s’est mise à rêver aux autres.

Melanocetus, évidemment, est aigrie. Elle n’a jamais compris pourquoi ils la suivaient tous, à la trace, si c’était pour partir en courant, terrifiés, dès qu’elle se tournait face à eux, qu’elle essayait de sourire.

Mais Melanocetus aurait eu bien de la peine à se noyer, et de toute façon il n’y a pas de raison, alors elle a commencé à croquer, avaler, poursuivre, dévorer. Ça prend de la place, l’attente, il faut bien occuper cet espace d’une manière ou d’une autre.

07/10/2009

Les médias parlent de "Louves"

 

Un sujet au journal télévisé du 07 octobre 2009

Encart dans le 20 minutes du 02 octobre 2009

Critique dans Le Temps du 02 octobre 2009

 

Louves se joue encore jusqu'à la fin de la semaine au Théâtre de La Parfumerie!

Mercredi 7, jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 à 20h

Dimanche 11 à 17h


Réservations: 022 341 21 21


 

14:33 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)